Marylène Lopes, grand-maman de Gabriel
30 juin 2019

On est au mois de juin 2019, il fait beau. J’emmène mon petit-fils Gabriel, un enfant extraordinaire de 7 ans en situation de handicap, dans un parc de jeux près de ma maison, à la Perle du Lac à Genève. Et là, il me pose la question :
« Vóvó, pourquoi il n’y a pas de jeux pour moi dans ce parc ? Pourquoi je ne peux pas jouer avec les autres enfants ? »
Je vous pose aussi la question : pourquoi n’y a-t-il pas de jeux pour les enfants comme Gabriel à Genève ?
Cette question innocente mais lourde de sens m’a permis de réaliser que nos espaces publics ne sont pas toujours conçus pour accueillir tous les enfants, et que trop d’enfants sont laissés de côté. J’ai aussi un sentiment de tristesse, parfois de colère : je n’ai pas connu cette joie d’avoir poussé mon petit Gabriel dans une balançoire, ni de l’avoir fait tourner dans un tourniquet.
J’aimerais que l’on remplisse la mémoire de toutes les familles et de tous les enfants extraordinaires de ces moments de jeux dans les parcs publics. Aujourd’hui, l’association œuvre sans relâche afin de donner des moments de jeux et de vies ordinaires à ces enfants extraordinaires !
Aujourd’hui, on parle un peu plus d’inclusion, mais ce n’est pas encore une réalité suffisante. Il y a encore beaucoup de manquements. Assoga a permis de réveiller un peu la Suisse romande : on pense davantage aux enfants en situation de handicap lorsqu’on construit des espaces ou des jeux pour les enfants. Ce que je trouve particulièrement dommage, c’est l’absence de jeux inclusifs dans les préaux d’école. Un enfant peut être en situation de handicap ponctuel – par exemple avec une jambe cassée – et il n’aura rien à disposition pour jouer. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Quand tu vois que tous les enfants jouent ensemble, sans distinction, c’est la société qui grandit. On offre les mêmes rêves à tous les enfants.
